Historique

Il est impossible de dissocier la fondation du journal Le Droit en 1913 de l’instauration l’année précédente par le gouvernement ontarien de la « Circulaire d’information N° 17 », qui interdit formellement l’usage du français comme langue d’enseignement et de communication dans toutes les écoles de la province. Ce règlement administratif constituait le point culminant de dix ans d’efforts gouvernementaux visant à éradiquer l’usage de langues autres que l’anglais des écoles ontariennes, sous l’impulsion du clergé catholique irlandais et des orangistes protestants. Les écoles dissidentes et leurs employés s’exposaient à des amendes, des suspensions de salaires et des poursuites. Aux yeux de plusieurs, le premier ministre James P. Whitney venait de signer l’arrêt de mort de la communauté franco-ontarienne.

Pour répliquer à l’agression, le père Charles Charlebois d’Ottawa propose en juillet de fonder un journal quotidien – « un journal de combat, catholique, indépendant en politique, un journal de lutte de quartier et d’actualité ». La société éditrice du Droit, le Syndicat d’Oeuvres sociales Ltée, sera fondée en novembre.

Recherche et rédaction: Philippe Orfali, LeDroit 

1913
Le 15 janvier paraît une « fausse » première édition de quatre pages du Droit en vue de susciter l’adhésion de la population au projet. « Une charte fédérale, au capital de $ 100 000.00, a été obtenue ; une bonne partie de ce capital est déjà souscrit, il faut que la balance le soit d’ici quelques jours ; tout est prêt pour commencer le travail », écrit-on. À coup de porte-à-porte, d’assemblées citoyennes et de quête dans les paroisses canadiennes-françaises, les fonds sont obtenus. C’est ainsi que la direction du journal réussira à joindre les deux bouts pendant des années, « dans l’ombre du huissier », comme écrira plus tard l’auteur Laurent Tremblay. La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, présidée par Olivar Asselin, amassera près de 15 000 $ à l’échelle du Québec afin d’aider Le Droit.

L’édition quotidienne du Droit est vendue un sou le numéro, 25 ¢ le trimestre, 1 $ par année. « Dans tous les centres où la chose sera possible, Le Droit sera distribué tous les soirs à domicile par des porteurs ; ailleurs il sera adressé par la malle ; on le trouvera aussi dans tous les dépôts de journaux. Les circonstances sont on ne peut plus favorables pour lancer un nouveau journal, mais il nous faut le concours de tous les amis », ajoute-t-on.

27 mars 1913
Le Droit publie son tout premier numéro. À la une : les commissions scolaires des écoles bilingues de l’Ontario, qui s’opposent farouchement au règlement XVII. Dès la première édition, le message est clair : les « Canadiens-français d’Ontario » ne se laisseront pas faire.

Ce journal sera leur outil de mobilisation et de contestation face à l’oppresseur.

Tiré à 10 000 exemplaires, le journal de six pages était attendu avec impatience. Le quotidien arbore avec fierté sa devise, qui se veut en quelque sorte le mantra de la population franco-ontarienne : « L’avenir est à ceux qui luttent. »

Les bureaux du journal sont situés au-dessus d’un vieux garage, au 86, rue York à Ottawa. Le Droit compte 27 employés. L’enveloppe salariale totale hebdomadaire de ses travailleurs est de 327,70 $.

1914
Franco-ontarien de naissance, Le Droit comprend toutefois très tôt que son public est également québécois. C’est pourquoi dès 1914, le quotidien présente sa « page de Hull ».

Au même moment, la crise de la conscription causée par l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne et du Canada donne un nouvel argument de taille au Droit et aux Canadiens-français : pourquoi iraient-ils défendre les minorités d’Europe quand le gouvernement ontarien opprime sa population de la langue française ?

1915
Jusqu’alors situé à l’étage d’un garage de la rue York, Le Droit parvient, en pleine crise scolaire, à amasser les 45 000 $ nécessaires à la construction d’un nouvel édifice qui sera situé à l’angle des rues Dalhousie et George. Cette campagne relevait du miracle, considérant les faibles moyens de l’époque. La légende veut que le président du conseil d’administration de l’époque, Onésime Guibord, ait dû hypothéquer sa maison pour obtenir les 20 000 $ dont le journal avait grandement besoin et que la banque refusait de prêter…

L’édifice est inauguré et béni par Mgr J. O. Routhier le 7 juin.

1917
Le Droit franchit le seuil des 9 000 abonnés. Pour la première fois, le journal parvient à s’abonner à la Presse canadienne (PC), qui fournit des dépêches en provenance du monde entier. L’Ottawa Citizen et Le Temps d’Ottawa s’étaient opposés pendant longtemps à l’adhésion du Droit à la PC.

1919
« Mes paroissiens avaient ramassé cette somme pour élever un monument au Sacré-Coeur. Mais à la dernière minute, ils ont changé d’avis et décidé de l’attribuer à votre journal ; car c’est un monument qui prêche non seulement aux fidèles d’une paroisse, mais aux milliers de lecteurs de partout » – correspondance du père Vital Pilon, curé de St-Albert, à la direction du journal, accompagné d’un chèque de 1 127 $.

1920
Ouverture d’un premier bureau du Droit à Hull, rue Principale (aujourd’hui la promenade du Portage).

1921
En juin, la première des trois grèves de l’histoire du Droit ébranle le journal. Invités par un syndicat américain à souligner leur sympathie envers d’autres ateliers, les 14 linotypistes, typographes et pressiers plongent l’entreprise dans une grève de 15 jours. Mais le journal continue d’être publié : le père Charlebois force Eugène Beaudry – le premier imprimeur du Droit, qui a quitté son poste au Toronto Star pour se joindre à l’aventure en 1913 – à revenir au travail. Le frère Courtemanche, mécanicien et homme à tout faire, prête main-forte, tout comme un journal de Saint-Hyacinthe et l’Action catholique de Québec. En décembre 1921, les employés du Droit s’organisent en syndicat catholique. Armand Morin, linotypiste, en est le fondateur et le premier président.

1922
Fulgence Charpentier amorce une prolifique carrière journalistique au Droit. Il signera son dernier texte à l’âge de 102 ans, à l’aube du xxie siècle. Le tirage du Droit franchit les 13 000 exemplaires.

1923 – Le Droit fête ses 10 ans
Le 2 décembre 1923, Le Droit fête son 10e anniversaire lors d’une « séance publique » au Théâtre Russell d’Ottawa. La foule y entendra des discours du président du Droit, Esdras Terrien, et de Henri Bourassa, fondateur du quotidien montréalais Le Devoir, ainsi que des « chants canadiens » par Ernest Gagnon et la Chorale de l’Université d’Ottawa.

1927
Les Franco-Ontariens et Le Droit crient victoire. La lutte engagée 14 ans plus tôt afin d’invalider le règlement XVII porte ses fruits et le gouvernement cesse de le mettre en pratique. En 1925, Howard Ferguson, autrefois catégoriquement opposé à l’usage du français dans les écoles, accepte de créer une commission d’enquête – la commission Scott-Merchant-Côté – qui finit par recommander l’établissement d’un système d’écoles primaires bilingues où le français devient la principale langue d’enseignement. Le règlement XVII ne disparaîtra toutefois des statuts de la province qu’en 1944.

1929
Le Droit déménage au 98, rue George, à Ottawa. Les Oblats de Notre-Dame de Hull, propriétaires de l’immeuble voisin, construisent un petit édifice qu’ils louent au journal.

1930
De 1930 à 1940, Henri Lessard, le chef du bureau de Hull du Droit pendant près de 30 ans, mène une campagne déterminante afin d’assainir les moeurs sur la rive québécoise, « reconnue pour ses “tripots, buvettes et tueries” ». Lessard marque son époque, ses chroniques ayant contribué à la chute de deux administrations municipales et à la réorganisation de la police de Hull. Les rues Henri-Lessard (secteur Hull) et Lessard (secteur Gatineau) honorent la mémoire de celui qui a oeuvré au Droit de 1922 à 1950.

Pendant ce temps, le père Charles Charlebois, épine dorsale du Droit, quitte le navire. Diverses théories existent concernant les circonstances de ce départ. Il semble qu’après de multiples démarches impliquant le recteur de l’Université d’Ottawa, le père Gilles Marchand, et le délégué apostolique au Canada, Mgr Andrea Cassulo, on ait décidé de le limoger.

Le père Charlebois, celui qui avait lancé l’idée même de créer un journal catholique de langue française à Ottawa, retourne à ses oeuvres ecclésiastiques.

Parallèlement, aux prises avec une situation économique des plus difficiles, les banques refusant de lui prêter davantage d’argent, Le Droit se fait offrir un million de dollars par le Parti libéral du Canada, en échange duquel il lui accorderait son appui total en vue des élections. La direction refuse catégoriquement.

1933 – Le Droit a 30 ans
Avec le départ du père Gabriel Sarrazin, successeur du père Charlebois à la tête du journal, la communauté des Oblats de Marie Immaculée cesse d’être directement impliquée dans l’administration du journal, qui devient entièrement laïc. Mais le caractère catholique du Droit continuera de transparaître dans ses pages pendant plus de 50 ans.

1935
Les Oblats deviennent actionnaires majoritaires du Droit, qui continuera toutefois de compter des dizaines de particuliers, laïcs et religieux, parmi ses porteurs d’action.

1941
Le quotidien compte plus de 15 000 abonnés.

1942
Le Syndicat d’Oeuvres sociales Ltée se porte acquéreur de la station de radio CKCH de Hull, créée dix ans plus tôt. L’acquisition de « La voix française de l’Outaouais » accentue la présence du Droit sur les deux rives.

1943 – Le Droit a maintenant 30 ans

1945
La clientèle outaouaise est vite devenue importante et, au milieu des années 1940, elle représentait plus de 50 % des abonnés. Cela génère depuis longtemps certaines critiques, des lecteurs percevant « leur » quotidien comme étant soit trop québécois, soit trop ontarien. Dès ses débuts, le quotidien a toujours eu à chercher un juste milieu entre ses racines franco-ontariennes et sa présence en sol québécois.

1946
Enfin ! Le Droit engrange, pour la première fois depuis sa fondation, des profits. Aurèle Gratton devient gérant, c’est-à-dire grand patron du journal. Il occupera ce poste pendant 25 ans. C’est le début d’une période faste pour Le Droit.

1947
23 000 exemplaires du Droit sont vendus tous les jours.

1948
Le Droit a 35 ans et s’installe dans de nouveaux bureaux au 365, rue Dalhousie à Ottawa.

Le tirage approche les 30 000 exemplaires.

1952
Le Droit se lance dans une nouvelle entreprise, la publication d’un supplément illustré en couleurs, un magazine que l’on nomme Hebdo-Revue. Cet hebdomadaire populaire sera par la suite vendu à plusieurs journaux du pays, dont le Nouvelliste de Trois-Rivières et la Voix de l’Est de Granby.

1953 – Déjà 40 ans de vie pour Le Droit

1955
Le Droit voit grand. Un édifice immense, l’un des plus modernes du genre au Canada, voit le jour angle Rideau et Nelson, dans la basse-ville d’Ottawa. On est loin du garage de la rue York dans lequel Le Droit a vu le jour 42 ans auparavant. Un plan prévoyant la construction de deux autres étages ne sera toutefois jamais exécuté.

À cette époque, quelque 300 000 dépliants et circulaires sortent mensuellement des presses du Droit. Ces dernières impriment une cinquantaine de périodiques, mensuels ou hebdomadaires, dont Hebdo-Revue, le Guide parlementaire canadien et bien plus.

1959
Le Droit lance « l’édition du Nord », à l’intention de ses nombreux lecteurs du Nord ontarien. Imprimée en fin d’après-midi, cette édition est transportée par train à 17 h, pour être livrée le lendemain matin. Malgré les nombreuses ressources financières investies, notamment au plan technologique, cette expérience se révèle un échec. En 1963, pour des raisons financières, le journal doit fermer ses bureaux de Sudbury, Sturgeon Falls et North Bay. Le Droit sera désormais régional et sa masse de lecteurs sera du côté de l’Outaouais.

1962
Le Droit procède à l’achat de l’imprimerie Leclerc de Hull et fusionne ses activités d’impression, devenant ainsi l’un des plus importants imprimeurs de livres et de journaux de la région.

1963 – Le Droit a 50 ans

Le Droit célèbre son cinquantième anniversaire de création avec la parution d’un cahier souvenir publié le 30 mars.

1968
Alors que la construction du Centre national des arts achève, Le Droit offre à ses lecteurs son premier véritable Cahier des arts, publié chaque samedi.

1970
Le Syndicat d’Oeuvres sociales Ltée modernise sa structure et devient Le Droit Ltée. Elle vend au même moment son poste de radio CKCH, déficitaire, au réseau Télémédia.

1971
Le Droit fait figure de pionnier, étant parmi les premiers journaux au Canada à imprimer sur une presse offset Gross Metro, offrant ainsi à ses lecteurs des pages d’une qualité d’impression supérieure aux normes de l’industrie.

1972
Jean-Robert Bélanger succède à Aurèle Gratton et devient éditeur et directeur général.

1973 – Le Droit célèbre ses 60 ans

La campagne électorale québécoise de 1973 déclenche un véritable orage au Droit : un éditorial jugé trop souverainiste et voilà que 250 employés de bureaux et d’ateliers quittent leur travail et manifestent devant l’édifice de la rue Rideau.

Le Droit acquiert de l’Université Saint-Paul les contrats d’impression et de distribution de la plus importante maison d’édition liturgique au pays, Novalis. Le Droit produira désormais le Prions en église, distribué dans toutes les paroisses canadiennes-françaises, et son pendant anglophone Living With Christ. L’Université Saint-Paul continuera cependant d’en préparer le contenu.

1976
En cette période de grands changements au sein de la société canadienne, les Oblats rendent public leur souhait de se départir du journal, lançant ainsi un débat sur l’avenir du Droit. Le journal compte alors 408 employés.

1977
Le tirage du Droit connaît son apogée : près de 50 000 copies du seul quotidien francophone de la capitale sont vendues tous les jours.

1978
Le journaliste Michel Gratton entame sa traversée de l’Ontario français. Pendant six mois, le chroniqueur franco-ontarien sillonnera la province, de Hearst à Windsor et de Welland à Ottawa, et dressera un état de la situation du français en Ontario, 65 ans après le règlement XVII. Une quarantaine de ces grands reportages parurent dans Le Droit.

1981
Le Droit entre dans l’ère moderne avec l’acquisition de trois nouvelles unités de presse et d’une antenne parabolique, qui captera par satellite les pages du Globe and Mail, dont l’édition de l’Est sera désormais imprimée rue Rideau. En février, pour augmenter son tirage en kiosque, Le Droit crée une édition du matin, qui s’ajoute à celle d’après-midi.

1982
Coincé entre une perte de revenus publicitaires liée à la récession et des dépenses accrues en raison de l’inflation, le journal se trouve dans une position financière difficile et songe à procéder à des mises à pied. Au printemps, une grève éclate et pour la première fois de l’histoire du journal, les presses cessent de tourner pendant trois semaines.

1983 – Le Droit a 70 ans

Sept ans après avoir fait connaître leur volonté de se départir du Droit, les Oblats de Marie Immaculée concluent, en mai, une entente avec le groupe UniMédia. Le magnat de la presse Jacques Francoeur s’engage moralement à « conserver l’orientation francophone, l’inspiration chrétienne et le caractère apolitique » du journal. Un oblat, le père Marcel Patry, de l’Université Saint-Paul, demeure au conseil d’administration. Le tirage oscille alors autour des 45 000 copies et le nouveau propriétaire lance un appel aux Franco-Ontariens : « Donnez-nous de 5 000 à 10 000 abonnés de plus, et on engage quatre ou cinq journalistes. » Il songe même à revenir sur le marché du Nord ontarien, en transportant les copies par avion, en vain. UniMédia annonce aussi la création d’un réseau comprenant Le Droit, Le Soleil de Québec et Le Quotidien de Chicoutimi, dans le but de rentabiliser certaines couvertures, dont celles de Queen’s Park et de l’Assemblée nationale.

1985
Les journalistes abandonnent pour de bon la machine à écrire, devenue électrique, pour travailler à l’ordinateur.

1987
UniMédia passe aux mains de la multinationale Hollinger, dirigée par Conrad Black. En janvier, l’arrivée d’un nouveau directeur général, Gilbert Lacasse, signale le début d’une ère de bouleversements majeurs pour le quotidien de la rue Rideau. Le 15 mai, Le Droit met fin à son édition de l’après-midi. En octobre, Le Droit change du tout au tout sa présentation graphique et devient un quotidien du matin, « livré avant 7 h à domicile ».

Modernité oblige, Le Droit se départit aussi de l’espace entre « Le » et « Droit ». Après 74 ans, LeDroit dit adieu à ses jeunes camelots et des livreurs en voiture prennent la relève.

1988
En février, un autre conflit entre la direction et les employés éclate et conduit LeDroit vers la grève, puis le lock-out. L’arrêt de travail dure trois mois, pendant lesquels le quotidien ne sera pas publié. Patrons et syndiqués des ateliers ne s’entendent pas sur les hausses salariales et les avantages sociaux. Les autres employés sont mis à pied, car le journal a cessé de paraître. Le 11 mai, LeDroit reparaît, mais en format tabloïd, après 75 ans en grand format, et son nombre d’employés a considérablement diminué. La rédaction est notamment amputée de 26 journalistes. Le bureau de Hull ferme ses portes pour des raisons financières et LeDroit recrute plusieurs correspondants pour couvrir le Pontiac, la Haute-Gatineau, la Vallée de la Lièvre et la Petite-Nation.

1989
À la fin de l’année, environ 135 employés des ateliers, des presses et de l’entretien sont licenciés. De plus de 300 en 1988, le nombre d’employés du journal passe à 135. Les presses qui impriment LeDroit sur la rue Rideau depuis les années 1950 prennent aussi leur retraite après la publication d’un dernier numéro au 375, rue Rideau. Le quotidien est désormais imprimé sur les presses de Qualimax, à Hull.

1990
Nouvelle décennie, nouveaux débuts : les employés de la rédaction, de la publicité et de l’administration entament la nouvelle année dans de nouveaux bureaux situés au 47, rue Clarence, à Ottawa, en plein coeur du marché By qui l’a vu naître. Le département du service à la clientèle ouvre ses portes aux Promenades de l’Outaouais, à Gatineau. Le journal attire de nouveau l’attention de l’industrie journalistique nord-américaine, puisqu’il est le premier du continent à être produit entièrement par ordinateur. Les pages entières, y compris les photos et les couleurs, sont composées à l’ordinateur.

En pleine crise linguistique à Sault-Sainte-Marie, LeDroit dépêche une équipe de journalistes sur les lieux et prépare, en collaboration avec le Sault Star, un cahier spécial bilingue, unique en son genre dans les annales de la presse canadienne. Les équipes des deux journaux préparent conjointement une série de reportages sur la situation linguistique au Sault et à Ottawa-Gatineau, une initiative saluée d’une mention spéciale de la Fondation des Prix Mitchener pour le journalisme canadien.

1991
Lancement d’éditions québécoise et ontarienne. Chaque matin, les lecteurs pourront consulter une page consacrée aux nouvelles de leur secteur.

1992
Les changements draconiens apportés quelques années auparavant semblent porter leurs fruits : une étude de NADbank, une entreprise qui établit le lectorat des quotidiens, révèle une augmentation de 21 % de lecteurs, dont l’âge moyen a baissé à 40 ans. LeDroit est l’un des rares quotidiens canadiens à connaître une augmentation de son volume publicitaire en pleine récession. L’entreprise, désormais en situation de profit, remporte de nombreux prix d’excellence.

1993 – LeDroit fête ses 80 ans
Pierre Bergeron succède à Gilbert Lacasse et devient éditeur et président.

Près de 72 % des abonnés résident désormais en Outaouais. En juin, l’ancien édifice du Droit tombe sous le pic des démolisseurs, 39 ans après son érection à l’angle des rues Rideau et Nelson. Après avoir accueilli pendant des décennies les visiteurs à l’édifice du 375, rue Rideau, une fresque de l’artiste canadien Robert Stewart Hyndman est offerte à La Cité collégiale.

1996
Avec l’inauguration de son premier site Internet, LeDroit prend sa place aux côtés des grands quotidiens de la planète dans le cyberespace. C’est Samuel de Champlain, l’un des premiers Européens à explorer l’Outaouais et l’est de l’Ontario, qui accueille les visiteurs. « Dès maintenant, les internautes qui se promènent sur l’inforoute ont accès à partir du site du Droit à de nombreuses adresses de sites francophones dans le World Wide Web, le réseau multimédia de Internet », écrit alors un journaliste. Six mois après sa mise en ligne, ledroit.com génère quelque 50 000 clics chaque semaine.

1997
L’Hôpital Montfort est menacé de fermeture par le gouvernement conservateur ontarien et LeDroit monte à nouveau aux barricades. Le quotidien d’information redevient pendant un temps un journal de combat, et prend fermement position en faveur du maintien du seul hôpital universitaire francophone à l’ouest du Québec. Une pétition imprimée dans LeDroit tous les jours et diffusée aux quatre coins de la province sera finalement signée par près de 135 000 personnes. Chose rarissime, LeDroit publie une édition dominicale au lendemain du grand rassemblement du 22 mars 1997, au centre municipal d’Ottawa. La Cour d’appel tranchera en faveur de la communauté franco-ontarienne en 2001.

2001
Le groupe de presse Gesca Ltée, une filiale de Power Corporation du Canada, devient officiellement propriétaire du journal. En juin, le contenu de ledroit.com est intégré à Cyberpresse.ca, le plus grand portail d’information de langue française au pays, renommé LaPresse.ca en 2012. Le site ledroit.com devient un véritable site de nouvelles continuellement mis à jour.

2002
Claude Gagnon devient président et éditeur du Droit.

LeDroit compte 108 employés à temps complet.

2003 – LeDroit célèbre ses 90 ans
Le jeudi 27 mars, LeDroit publie un cahier souvenir de 96 pages sur son histoire presque centenaire.

2007
Jacques Pronovost succède à Claude Gagnon à la tête de l’entreprise.

2008
LeDroit connaît une des meilleures années financières de la dernière décennie. Afin de mieux répondre aux besoins changeants de ses lecteurs, le journal crée un poste de journaliste Web se consacrant spécifiquement aux activités rédactionnelles Internet du Droit.

Le quotidien lance également deux pages FrancoPlus, publiées chaque vendredi en collaboration avec les institutions scolaires francophones d’Ottawa et de l’Est ontarien, afin de donner une plus grande présence à la francophonie ontarienne dans les pages imprimées du journal. L’initiative durera trois ans.

Le secteur de la publicité du Droit connaît quant à lui une grande révolution en passant des ventes à la ligne agate, presque centenaire, aux ventes en formats modulaires, donnant par le fait même au contenu réactionnel une présentation plus dynamique.

2009
LeDroit est encore précurseur et prend en charge le développement des ventes sur les pages Web des six journaux régionaux de Gesca, soit LeDroit, Le Soleil, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Quotidien et La Voix de l’Est. Il en sera maître d’oeuvre pendant deux ans.

LeDroit et les journaux du groupe Gesca lancent leurs éditions électroniques intégrales. L’édition papier devient accessible à tous les internautes, où qu’ils soient, sur ledroitsurmonordi.ca. Les lecteurs s’abonnent graduellement à cette édition électronique.

Les journalistes sportifs du Droit innovent et lancent les premiers blogues du quotidien.

Comme la majorité des grands journaux dans le monde, LeDroit est durement affecté en 2009 par la crise économique. Elle avait commencé à faire sentir ses premiers effets à la fin de l’automne 2008. Cela se traduit par une chute des recettes publicitaires.

2010
Les journaux régionaux de Gesca jumellent plusieurs services administratifs aux bureaux du journal Le Soleil à Québec.

Les journalistes se lancent dans les médias sociaux, notamment sur Twitter et Facebook.

2011
Sur son site web, LeDroit.ca commence à diffuser de façon régulière des reportages vidéo, qui s’ajoutent aux articles des journalistes.

2012
LeDroit n’a jamais été aussi lu grâce à ses éditions papier et électronique intégrale et à son site web LeDroit.ca. Il est consulté sur ses multiples plateformes par plus de 180 000 lecteurs par semaine, selon NADbank. Bien que les abonnements à l’édition papier diminuent, LeDroit rejoint de plus en plus de lecteurs.

2013
LeDroit célèbre ses 100 ans d’existence, cent années passées au service des francophones de la région de la capitale nationale.

Le 21 février, l’Association des communautés francophones d’Ottawa honore LeDroit pour ses 100 ans d’implication auprès des francophones de l’Ontario, lors du gala des Prix Grandmaître. Le 26 mars, à la veille du centenaire, lors d’une réception tenue à l’hôtel de ville, le maire d’Ottawa proclame la journée du 27 mars 2013 « Journée du centenaire LeDroit ». Pour célébrer ses 100 ans en grand, le quotidien convie ce soir-là 1 000 lecteurs, annonceurs, employés, ex-travailleurs du Droit et leaders de la communauté à une soirée anniversaire tenue au Hilton Lac-Leamy.

LeDroit tire aujourd’hui à environ 35 000 exemplaires quotidiennement, dont 26 730 sont livrés à ses abonnés. Il compte également quelque 4 000 abonnés à sa version électronique, et accueille 24 550 visiteurs uniques par jour sur son site Web. De toute son histoire, LeDroit n’a jamais été autant lu.

LeDroit aujourd’hui, c’est 100 employés permanents, sans compter de nombreux collaborateurs et pigistes qui travaillent à la réalisation de votre quotidien d’information.